Mwezi WaQ. le retour

Mwezi WaQ. revient avec le blues des sourds-muets, un album dédié aux masses oubliées, à paraître en novembre sous le même label que le premier, Buda Musique.

Issu d’un pays où la musique a longtemps été le lieu de la mémoire, Mwezi WaQ. reprend une tradition de parole brute, inspirée par le shinduwantsi[1] des Anciens. Une parole tout en rythme, ancrée dans le quotidien et la langue des Comores. Les six interprètes (guitares, violoncelle, percussions, chœurs et chant) se mettent au service d’un répertoire, fait de mélodies à la fois inédites et revisitées, toujours engageantes et au service des masses minorées.

Les textes sont rudes, parfois âpres. Ils parlent du poids de la colonialité, d’un archipel au destin fracassé, de la douleur des disparus, de la violence de l’exil, du repli communautaire qui menace, des enfants-djinns, qui, toujours, reviennent, comme autant de promesses, en leur terre, et aussi d’une utopie collective, qui ferait s’inverser les forces du pouvoir, afin de laisser place à une société plus humaine. Entre la mélancolie des mauvais jours et la ferveur des lendemains que d’aucuns promettent aux Comoriens, une pop bien tassée, qui rend hommage au patrimoine, dans ses largeurs.

Quelques extraits de l’album, compilés sous forme de pot-pourri, histoire de donner à entendre…

Un patrimoine que l’on sait né du Divers et de la rencontre. Mwezi WaQ.  nous livre ainsi sa poétique du juste, tout droit venue de ces îles de lune (Comores), où les songes de l’enfance slaloment entre les traces d’un passé enfoui et l’espérance d’un monde meilleur. Le combo le fait de manière singulière et inattendue, tout en rendant hommage au passage à certaines des plumes qui ont fait la force de la scène comorienne des années 1970-2000 : Abou Chihabi, Ali Affandi, Boul, Baco, Souleymane Mze Cheikh… L’album comporte quatorze titres, dont sept reprises de vieux succès. Des succès qui disent non à la résignation et au renoncement.

Le blues des sourd-muets est prévu pour sortir en novembre prochain, le groupe sera au programme d’Africolor le 16 décembre à La Courneuve, en région parisienne.


En Une une image des citoyens oubliés de la « république du dédain », qui vient faire écho au discours de l’album dans un livret de 24 pages, en français et en anglais, qui raconte les Comores d’aujourd’hui.

[1] Plus on creuse dans le verbe, et plus le sens prend forme, dit-on.

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