Un atelier autour de 50 ans, l’ouvrage de Soeuf Elbadawi sur le chemin des origines était programmé ce samedi 11 juillet, à l’occasion de la célébration de la fête nationale comorienne, à l’appel de la CCLA (diaspora de Loire-Atlantique).
Uhuru na igabuo, un entretien filmé de l’ancien leader du MOLINACO, feu Abdou Bacar Boina a permis d’ouvrir les ébats, suivi d’une intervention sur l’expérience coloniale menée par Nailat Oumar, anthropologue et auteur d’une thèse sur la question à l’EHESS, et d’une conversation autour du projet de Soeuf Elbadawi, animée par Hamadi Mkayandro, enseignante, et de Msaidie Albéchir, étudiant. Le poète dramaturge, auteur notamment de Je suis blanc et je vous merde, paru aux éditions Traverse(s) et Passage(s), a pris prétexte des cinquante ans de l’indépendance comorienne, l’an dernier, pour comprendre ce qui le fonde, en tant qu’enfant issu de l’archipel. Comprendre qui l’on est pour savoir où l’on veut aller est une des entrées de son ouvrage.



Muhamadi Nabhane avant le début du concert, Hamadi Mkayandro, Msaidie Albéchir, ainsi que des le jeune public, lors des échanges dans l’après-midi.
Né dans les années 1970, l’auteur a eu cinq ans à la déclaration d’indépendance des Comores et a connu une trajectoire singulière, qu’il se fait fort d’interroger, en retraçant une perspective remontant jusqu’à la période précoloniale. « L’histoire de ce pays est souvent ramenée au temps colonial, alors que le professeur Chami de Dar Es Salam, nous parle d’une histoire remontant à 3.000 ans avant J.C. » a confié Soeuf Elbadawi, qui prévoit de revenir à la demande de la CCLA. La soirée s’est poursuivie autour de danses traditionnelles avec des membres de la CCLA, originaires de Maore et avec un concert de l’artiste Eliasse en solo. Y prenait part l’écrivain Muhamadi Nabhane, qui a aussi parlé de son dernier livre – J’assume – publié par Quatre Étoiles. De l’avis d’un participant, ce qui a interpellé durant les échanges de l’après-midi est cette volonté des intervenants de montrer que le pays a besoin de retrouver le fil de son histoire passée. De renouer surtout avec un imaginaire fait de pluralité où l’humain a une place particulière.






Soeuf Elbadawi, les participants, Eliasse lors du concert qui a suivi.
« Nous sommes venus à plusieurs dans cette ville pour faire entrer des principes simples dans les consciences qui ont notre pays en partage. L’archipel a été l’occasion pour nombre de peuples au destin rompu de se positionner sur une certaine obsession d’humanité que l’expérience coloniale est venue bousculer, en cherchant à déshumaniser. Il n’y a pas de raison de faire comme si cela n’avait point existé. Et nous espérons que d’autres acteurs de la diaspora poursuivront ce travail avec nous. C’est le début d’une aventure, dont le but principal est de nous réapproprier le narratif-pays, égaré en grande partie sur les bancs du prédateur colonial » résume Soeuf Elbadawi, qui ajoute : « Mwenda hambapvi tsi yirewe. Nous allons à notre rythme, avec les moyens qui sont les nôtres. Mais nous avons une responsabilité envers les générations qui arrivent après nous. Parler des Comores est une manière de rappeler ses limites au semblable. Nous appartenons à cette société qui pense que l’on ne naît pas humain, mais qu’on le devient, en servant les communs. Comme disent les sud-africains : umuntu ngumuntu ngaɓantu. L’individu ne l’est qu’à travers d’autres individus. C’est une chance incroyable d’appartenir à cet imaginaire de partage ».
Très intéressant, j’aurais aimé être là d’ailleurs comment on fait pour assister à ce genre d’évènements de la communauté, sachant que j’ai pas les réseaux sociaux ??
J’aimeJ’aime
Peut-être vous rapprocher des assos. À Nantes, c’est la CCLA qui avait organisé. À Paris, la fête nationale a été célébrée par Mvukisho ye Masiwa. Ainsi de suite… Il y a aussi une appli culturelle que vous pouvez télécharger sur le net sur google ou sur aplle, qui s’appelle walimizi, et qui, parfois, donne des infos culturelles.
J’aimeJ’aime