Dernière sortie des éditions Bilk & Soul, un hommage de Abdulhamid Afraitane, ancien ministre de l’éducation nationale à l’homme qui a fait de lui ce qu’il est devenu. Où quand les Anciens se racontent à demi-mots…
« Sheihi Afraitane Ben Saïd Aboubacar s’est éteint à 93 ans, au matin du 13 janvier 2021, entouré de ses enfants et de ses petits-enfants. L’annonce de son décès se répandit assez vite, aux quatre coins de l’archipel, porté par vent de kashkazi… » Le fils parle au temps qui s’en va. Un baobab, au sens d’un pilier autour duquel chacun revenait se ressourcer, s’en est allé. « Nous étions endeuillés/ Ouani, Ndzuani, l’étaient/ les Comores, également ». Un père, un ami, un intellectuel venait de tirer sa révérence. Du muridi aux officiels de la république, tout le monde s’est levé d’u même élan pour toucher d’une main éplorée le djanaza sur son chemin vers le cimetière. Voilà ce que raconte ce petit livre, qui se lit d’une traite.



De la naissance de l’homme à Ouani au dernier chant du coq à ses oreilles, rattrapées par la volonté de son Seigneur Dieu. L’enfance auprès de sa mère, l’adolescence passée entre sa cité de naissance et le chef-lieu à Mutsamudu, ses attaches dans un contexte d’oppression coloniale, son lien au sacré, ses études à Mada, son ascension, de la fonction publique à la Cour suprême. On comprend tellement de choses sur le monde d’hier. Avec des clins d’œil appuyés au terroir, aux peurs contenues d’une époque, aux luttes engagées pour la souveraineté. Le récit d’un homme qui, grâce au soufisme, s’en remettait au Seigneur. Les fragments, la forme choisie par Abdulhamid Afraitane, l’aîné de ses fils, s’égrènent tel des souvenirs en chapelet. Et il y a autant de fragments que les quatre-vingt-dix-neuf du Seigneur. Un bel hommage…